SiteGPT et l’AI Act : votre chatbot support client doit-il signaler qu’il est une IA ?
Publié le · Lecture : 5 minutes
SiteGPT permet de créer un chatbot support client à partir du contenu de votre site web, sans écrire une ligne de code. Vous renseignez l’adresse de votre site, l’outil analyse vos pages, et le bot répond ensuite aux questions des visiteurs en s’appuyant sur vos propres contenus. C’est rapide, pratique, et très répandu chez les PME qui veulent un support disponible 24 heures sur 24.
Mais cette simplicité a un revers. Dès qu’un visiteur dialogue avec votre chatbot SiteGPT, il interagit avec un système d’intelligence artificielle. C’est précisément la situation visée par l’article 50 de l’AI Act. Vous devez donc informer clairement l’utilisateur, dès le début de l’échange, qu’il parle à une machine.
Qu’est-ce que SiteGPT et pourquoi il relève de l’article 50
SiteGPT est un outil no-code qui génère un chatbot entraîné sur le contenu de votre site. Concrètement, il récupère vos pages, votre foire aux questions, vos fiches produit ou vos articles d’aide, et il apprend à partir de ces textes pour répondre aux questions des visiteurs. Vous n’avez pas besoin de créer manuellement chaque réponse : le système les génère à la volée.
Le fonctionnement est simple. Un internaute arrive sur votre site, ouvre le widget de chat, pose une question. Le chatbot de SiteGPT analyse la demande, consulte les contenus qu’il a indexés, et génère une réponse. Il ne se contente pas d’afficher un lien ou une réponse préenregistrée : il compose une réponse adaptée au contexte.
Cette génération de réponses place SiteGPT dans le champ de l’article 50 du Règlement européen sur l’intelligence artificielle. Lorsqu’une personne interagit avec un système d’IA, le texte européen impose de lui signaler qu’elle dialogue avec une machine. L’objectif est simple : éviter que le visiteur croie communiquer avec un humain sans le savoir.
Pour vous, dirigeant de PME, cela signifie que l’installation du widget SiteGPT n’est pas anodine. Même si le chatbot est « juste » un outil de support client, même s’il est bien paramétré, vous restez responsable de l’information donnée à vos visiteurs.
Ce que l’article 50 impose concrètement à un chatbot SiteGPT
L’article 50 impose une obligation de transparence. Elle s’applique aux systèmes d’IA avec lesquels les humains interagissent directement. Un chatbot support client comme celui créé avec SiteGPT entre clairement dans cette catégorie.
Attention, un chatbot qui affiche uniquement des réponses préenregistrées ne relève pas de la même obligation. SiteGPT n’est pas un simple arbre de décision : il reformule, synthétise et adapte les contenus de votre site. C’est cette capacité de génération qui le place sous l’article 50.
Voici ce que cela signifie dans les faits :
- Information claire et distincte. Le visiteur doit comprendre rapidement qu’il parle à une IA. Une mention vague du type « Assistant virtuel » ne suffit pas si elle ne précise pas le caractère artificiel du système.
- Dès le début de l’interaction. L’information doit apparaître dans le message d’accueil ou dans l’interface du chat dès l’ouverture du widget. Un avertissement caché dans les mentions légales ou les conditions générales n’est pas conforme.
- Dans la langue du visiteur. Si votre site est en français, la mention doit en pratique être en français. Un message en anglais pour une audience francophone ne remplit pas l’obligation.
- Possibilité de contacter un humain. Même si ce n’est pas un point strictement identique, la pratique recommandée consiste à indiquer comment un visiteur peut passer à un opérateur humain. Cela renforce la transparence et rassure l’utilisateur.
L’idée n’est pas d’alourdir votre site, mais de donner une information loyale. Un internaute qui sait qu’il parle à une IA adaptera ses questions, vérifiera les réponses importantes et ne sera pas induit en erreur.
Comment configurer la transparence dans SiteGPT
La bonne nouvelle, c’est que SiteGPT vous donne les leviers pour respecter cette obligation sans développement complexe. Voici comment procéder étape par étape.
Modifiez le message d’accueil du bot. Dans l’interface SiteGPT, ouvrez les paramètres de votre chatbot. Le message initial est le premier texte que voit le visiteur. Rédigez-le de manière explicite. Par exemple : « Bonjour, je suis un assistant virtuel basé sur l’intelligence artificielle. Je réponds à vos questions à partir du contenu de ce site. Un membre de l’équipe peut reprendre la conversation si vous le souhaitez. »
Ajoutez une mention visible en permanence. Si l’interface le permet, gardez une indication dans le widget. Cela peut être une petite ligne sous la bulle de bienvenue, une étiquette « IA » à côté du nom du bot, ou une mention dans le pied du chat. L’essentiel est que cette information reste accessible pendant toute la conversation.
Vérifiez le widget sur chaque page. SiteGPT s’installe souvent sur l’ensemble du site via un script. Si le chatbot apparaît sur plusieurs pages, la mention doit être visible partout. Ne vérifiez pas uniquement la page d’accueil.
Pensez à la version mobile. Beaucoup de visiteurs consultent votre site depuis un smartphone. Le widget SiteGPT doit rester lisible sur petit écran, et la mention de transparence ne doit pas être coupée ou masquée par un autre élément.
Documentez votre mise en conformité. Notez la date à laquelle vous avez ajouté la mention, le texte exact affiché, et une capture d’écran. En cas de contrôle ou de question d’un client, vous pourrez prouver que vous avez informé vos visiteurs.
Les erreurs courantes à éviter avec SiteGPT
Beaucoup de sites utilisent SiteGPT sans penser à la transparence. Voici les pièges les plus fréquents.
Une mention trop discrète. Un petit libellé en gris, en bas d’une fenêtre de chat, peut passer inaperçu. L’article 50 exige une information claire et distincte. Privilégiez une phrase complète dans le message d’accueil.
Une mention perdue dans les mentions légales. Indiquer dans vos conditions générales que vous utilisez un chatbot IA ne suffit pas. Le visiteur doit être informé au moment où il utilise le chat, pas en lisant un document juridique.
Un message dans la mauvaise langue. Si votre site cible un public français, le message de transparence doit être en français. Même si SiteGPT est un outil anglophone, l’interface vue par vos clients doit être localisée.
Un nom de bot trompeur. Appeler votre assistant « Marie », « Paul » ou « L’équipe support » sans préciser qu’il s’agit d’une IA peut induire le visiteur en erreur. Même un prénom est acceptable s’il est accompagné d’une mention claire.
Foire aux questions
Mon chatbot SiteGPT répond-il vraiment avec de l’IA ?
Oui. SiteGPT analyse le contenu de votre site pour générer des réponses aux questions des visiteurs. Même lorsque la réponse reprend des passages de vos pages, le fait qu’elle soit composée automatiquement par un système d’IA la place sous le champ de l’article 50.
Suis-je en faute si c’est SiteGPT qui génère les réponses ?
La responsabilité de l’information revient à l’exploitant du site, c’est-à-dire à vous. SiteGPT fournit l’outil, mais c’est vous qui décidez du message affiché à vos visiteurs. Vous devez donc vérifier que la mention de transparence est bien présente.
Que se passe-t-il si je ne fais rien ?
Si votre chatbot SiteGPT interagit avec des visiteurs sans signaler qu’il s’agit d’une IA, vous ne remplissez pas l’obligation de transparence de l’article 50. Vous vous exposez à des risques en cas de contrôle. Le plus simple est de corriger le message d’accueil dès maintenant.
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Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une analyse de votre situation, consultez un professionnel du droit.
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